Dans la plaine située entre Reggio d’Émilie et Modène, de superbes seigneuries, au sein de la sphère d’influence de la maison de Gonzague ou de la maison d’Este ou bien fièrement autonomes, naquirent à l’époque de la Renaissance, quand la culture était synonyme de prestige et de pouvoir.

Entre le XVe et le XVIIe siècle, une constellation de petites capitales caractérisées par un superbe patrimoine de paysages urbains, de palais et d’églises, fortement concentrée et unique en son genre en Italie, s’est déployée dans la plaine située entre le Pô et ses affluents, le Crostolo et la Secchia, et s’offre encore aux visiteurs à l’heure actuelle grâce à des itinéraires de raccordement de quelques dizaines de kilomètres.

De grands peintres fréquentèrent ces seigneuries, y naquirent ou y vécurent tels que Le Corrège et Lelio Orsi ainsi que des poètes tels que Matteo Maria Boiardo et L’Arioste. Des sculpteurs tels que Leone Leoni y travaillèrent et des gens de lettres tels que Pierre l’Arétin, Le Tasse et Pietro Bembo y séjournèrent. Certaines personnes étaient à la fois des intellectuels et des dirigeants, comme dans le cas de Veronica Gambara, dame de Correggio, poétesse appréciée et protectrice des arts et des lettres.

Une page d’histoire fascinante et un visage méconnu de l’Italie qui vaut le détour. Certaines de ces capitales (où explosèrent des guerres européennes pour leur succession, l’histoire restait encore à écrire !) se trouvent dans la province de Modène, la superbe ville de Carpi et sa somptueuse place, et la ville de Mirandola, malheureusement encore endommagée par le tremblement de terre. Toutefois, ces capitales sont le plus fortement concentrées dans la province de Reggio d’Émilie. On en dénombre au moins six, bien que les petites seigneuries éphémères fussent plus nombreuses autrefois.

Omar Galliani “Matilde”